Friday, September 14, 2001

"By all means necessary", un article de Maurice Dantec

La réaction de Maurice Dantec à la série d'attaques meurtrières que les Etats-Unis ont subis sur leur territoire le matin du 11 septembre 2001. Les tours jumelles du World Trade Center se sont effondrées après avoir été percutées, à 18 minutes d'intervalle, par deux avions de ligne américains détournés durant leur vol avant que le Pentagone soit à son tour la cible d'un avion suicide. Le drapeau US dressé à la fenêtre de son appartement de Montréal, le salon recouvert de journaux, c'est dans un silence assourdissant que le soir du 11 septembre, Dantec démarrait son Macintosh.


By all means necessary (ou de la IVème guerre mondiale comme tragédie et comme nécessité)

Il faut pardonner à ses ennemis, certes, mais pas avant qu'ils ne soient pendus.
- Heinrich Heine.


Il paraît que le peuple palestinien était en liesses hier, à l'annonce des assassinats de masse perpétrés dans la matinée aux États-Unis.

On le comprend.

Comme l'ensemble de ses frères arabes, le palestinien est, quoiqu'on en dise, une victime. En tout cas les intellectuels en vue dans les médias et les bureaucrates de l'ONU l'affirment. Et une victime patentée comme telle par José Bové et le mensuel anarcho-publirédactionnel Alternatives ne peut que se réjouir de tout son coeur de la mort de plusieurs milliers de civils. Je parle bien sûr de civils appartenant à la race maudite des méchants yankees impérialistes. On peut alors chanter et danser tout le jour. Il n'y a que lorsque des juifs sont exterminés qu'on crie encore plus fort sa satisfaction. À ce titre, en frappant New-York City on s'assurait des festivités sans fin.

La pathétique mascarade de Durban des jours précédents avait au moins un mérite. Celui de nous exposer les masques ainsi agités en pleine lumière. ONG, coalitions anti-mondialistes, castro-tiers-mondistes sur le retour, onucrates révisionnistes et experts en désinformation se réunirent pendant dix jours pour que les vilains colonialistes européens s'excusent d'avoir acheté, à bon prix, les cargaisons de « bois d'ébène »que les rois africains nous vendaient, sans la moindre vergogne, à une époque où l'esclavage était une coutume multimillénaire dans cette région du monde. Dans le même temps, bien sûr, il ne fallait pas attendre le moindre mot d'explication de la part de nos zamis les zarabes zopprimés pour les massives razzias qu'ils ont mené en Afrique subsaharienne jusqu'au début du XXe siècle. Pas un mot non plus sur la très progressiste politique de planning familial des talibans pachtounes, ou des émirs de Khartoum, rien à propos du sort enviable que réservent les maîtres pétrosaoudites, ou nigerians, à leur « personnel » philippin, malais ou sri-lankais. Rien sur les égorgeurs algériens, quelque soit leur employeur. Rien sur le « docteur » psychopathe Mugabe et sa réforme agraire négro-maoiste. Rien sur les « rebelles » coupeurs de mains du Sierra Leone, et les gangsters diamantifères du Liberia, ou bien l'inverse, rien sur leurs acolytes de Luanda, ou de Kinshasa, et réciproquement. Rien même sur le génocide de 800,000 Tutsis par les Hutus au Rwanda. On l'aura compris, si l'Afrique va mal en l'An 2000, c'est par ce que mon trisaïeul breton y a envoyé quelques navires de troisième classe pour l'Amérique, il y a 300 ans.

Après l'échec cuisant du carnaval antiraciste de Durban, il était inévitable que les masques tombent. Ils sont tombés hier, dans le bruit de deux tours géantes qui s'effondrent. Avec l'image de deux avions de ligne transformés en torpilles volantes. Les hitlero-musulmans possèdent désormais leurs V-2 . Il leur suffit d'acheter un billet United ou American Airlines. L'Amérique du Nord, visiblement, n'est pas préparée à prendre la réalité, terrible, dans la face, et pourtant il faut bien s'y résigner : en cette journée du 11 septembre 2001, la IVème guerre mondiale a commencé. Il n' y aura pas de quartier.

À l'heure où j'écris ces lignes le nombre total des victimes n'est pas connu, mais s'annonce très lourd, et en tout cas une chose est désormais certaine : cet attentat multiple a éliminé une figure essentielle de la résistance anti-islamiste que peut-être certains d'entre vous connaissent, je parle de Shah Massoud, assassiné avant-hier par deux crétins d'algériens kamikaze. Car on découvrira très vite que tous ces événements sont liés. Par le sang. La bêtise. Et la haine. Les talibans sont désormais maîtres à 100% des ténèbres qui ont recouvert leur « Émirat islamique ». Les arabes de Cisjordanie peuvent se réjouir, ils seront bientôt « gouvernés » par leurs « frères musulmans » du Hamas, ou du Djihad. Les chants et les danses seront alors interdits. Pour une fois, on s'en réjouira. Aussi, l'image des tours et des avions sacrifiés se superpose à jamais à celle des enfants palestiniens qui expriment leur joie extatique à l'annonce du désastre, dans l'ignorance que c'est du leur qu'il s'agit. Il faut dire que leurs livrets scolaires, payés avec l'argent de l'UNICEF, feraient frémir d'envie les caricaturistes de la Libre Parole d'Édouard Drumont, du Ministère de la Propagande de Joseph Goebbels, ou de la Pravda de la grande époque. On comprend mieux à leur lecture comment ces écoliers feront d'excellents pilotes de ligne dans quelques années.

Désormais la fracture définitive entre l'occident judéochrétien et le panasiatisme arabo-islamique est consommée. Rien, sinon quelques siècles, ou quelques bombes atomiques, ne pourra régler ce contentieux historique fondamental, qui vient à point nommé rappeler aux jeunesses de l'occident que la paix n'est jamais qu'un intervalle plus ou moins long entre deux guerres. Entre Durban et le World Trade Center, la ligne rouge a été franchie, sans espoir de retour en arrière. Ceux qui viennent nous parler de « droits des peuples » et de « justice humanitaire », ces bureaucrates onuzis qui se nourrissent du cadavre des anciennes souverainetés impériales, sont ceux-là mêmes qui excusent à l'avance les crimes de guerre des hitlero-talibans. Ils les soutiennent, comme ces piquets de Sections d'Assaut humanitaires jouant les « vigiles » devant l'ambassade d'Israël. Ils leurs donnent la parole et les mettent en scène, comme à l'Opéra-Bouffe de Durban. Pire encore, ils permettent ouvertement aux terroristes musulmans de profiter des libertés acquises par la civilisation occidentale :

C'est au Canada en effet, et au Québec tout particulièrement, que l'anarchisme pop et la Bovidéologie onuzie minent les esprits, et que l'antisémitisme de gôche, qui se camoufle de facon pitoyable sous le vocable « antisionisme », a pénétré les consciences au point que, désormais, nos portes sont grandes ouvertes au tueurs fanatiques dont la haine à notre encontre ne connaît point de limites. Comment d'ailleurs ne pourraient-ils pas haïr cette société occidentale devenue maîtresse des secrets de la science, et d'un monde qu'elle a inventé, alors que leur « civilisation » continue, sous la bénédiction de ses « universités », de condamner les homosexuels à la prison ou à l'éxécution immédiate et de lapider les femmes adultères en public ? Comme le savait Nietzsche, il faut toujours protéger le fort du faible.

Les hitlero-talibans, avec toute la lâcheté dont ils sont capables, sont venus rappeler cette antique vérité à notre bon souvenir. À nous de leur montrer en retour quelle ligne relie Pearl Harbour à Hiroshima. Mais nous pouvons aussi continuer de nous regarder le piercing, au creux du nombril, entre deux avions pour Los Angelés.


Le 12 septembre 2001, Montréal,
Maurice G. Dantec, écrivain occidental

Monday, August 30, 1999

L'éditeur Christian Bourgois à propos de "Bronzage Intégral"

CHRISTIAN BOURGOIS EDITEUR
116, rue du Bac / 75007 Paris / France
tel: 0145440913 / fax: 0145448786
http://www.christianbourgois-editeur.com/

...

Paris, le Lundi 30 Août 1999,

Cher Monsieur,

Merci de la confiance que vous m'avez témoignée à nouveau en m'adressant votre manuscrit Bronzage Intégral, mais je publie essentiellement des traductions d'auteurs étrangers.

Toutefois, votre texte nous à paru suffisamment original pour que nous en prenions connaissance et je me permets de vous adresser une copie du rapport de lecture qui je l'espère vous intéressera.

Avec mes sentiments cordiaux.

Christian Bourgois

...

On peut porter au crédit de ce manuscrit la vivacité de son style et l'originalité de sa conception. C'est assez rare pour qu'on puisse souligner ces qualités qui ont fondamentales pour qu'on commence à s’intéresser au travail littéraire d'un inconnu.

Malheureusement, on est un peu déçu par d'autres aspects de ce texte. Il s'agit en particulier du déroulement de la narration. En effet, l'auteur a choisi de procéder non par le dévidage d'une bobine linéaire, mais selon une solution de discontinuité. En sorte qu'il fait avancer le récit par une série de paragraphes brefs, parfois laconiques ou lapidaires, qui s'enchaînent les uns les autres sans que le récit proprement dit progresse de manière tangible. C'est l'ensemble du procédé qui fournit la trame, perceptible au fil de la lecture du roman par un jeu de reconstruction. Jusque là, rien de mal. Mais cela ne fonctionne que relativement et, plus grave encore, le système est trop répétitif pour qu'il semble crédible.


Bronzage Intégral utilise un certain nombre des ingrédients de la fiction de notre temps. En dépit de sa valeur intrinsèque, qui est réelle, on ne parvient pas à être tout à fait conquis par ce qu'on nous raconte. Peut-être parce que l'auteur a recours à des méthodes d'écriture qui sont déjà devenues des poncifs et traduisent le plus souvent des tics assez gênants.

Cet essai est très prometteur. Si M. Abdallah Ko fait attention à un certain nombre d'écueils, il devrait nous proposer des écrits plus satisfaisants.

Tuesday, August 24, 1999

Les Éditions de l'Olivier à propos de "Bronzage Intégral"

Editions de l'Olivier
5, rue Jacques-Callot, 75006 Paris, France
Tel: 0140512640 / Fax: 0140518323

...

Paris, le 24 Août 1999,

Monsieur,

Nous avons lu avec attention Bronzage Intégral qui nous semble avoir de réelles qualités: votre texte est souvent drôle, vous multipliez les affirmations impossibles et maniez bien le discours volontariste. Malheureusement, nous devons vous décevoir car nous n'envisageons pas de publier votre roman. Il nous semble que, trop souvent, votre écriture repose sur des "effets" qui ne constituent pas une véritable narration (d'où le fait que, lorsque "l'effet" échoue, le lecteur est déçu, c'est le cas par exemple de presque toutes les scènes sexuelles et de certains de vos dialogues). Toutefois, vous avez ou vous aurez peut-être d'autres textes à nous proposer ? Si tel est le cas, n'hésitez pas à nous les faire parvenir, nous les lirons dans les meilleurs délais.

Cordialement,

Philippe ADAM


Sunday, August 22, 1999

Les éditions Le Dilettante à propos de "Bronzage Intégral"

Le Dilettante
librairies - éditions
9-11, rue du Champ-de-l'Alouette, Paris 75013, France
tél: 0143379898 / fax: 0143370610
http://www.ledilettante.com

...

Le 22 août 1999,

Monsieur,

Nous avons lu votre manuscrit (Bronzage Intégral) qui n'a malheureusement pas retenu notre attention. On n'a pas vraiment compris où l'auteur voulait en venir. Désolé.

Nous le regrettons vivement et vous prions de croire à l'expression de nos sentiments les meilleurs.

Cordialement,
Dominique Gaultier

Monday, December 15, 1997

Les éditons Verticales à propos de Gang-Bang

Les éditions Verticales
http://www.editions-verticales.com/

...

Paris, le 15 décembre 1997,

Monsieur,

Nous avons lu avec attention votre manuscrit: Gang-Bang. Nous avons été sensibles à ces petits récits "en trompe-l'oeil" qui cèdent cependant trop souvent à une provocation facile. Il ne nous paraît donc pas possible de retenir votre texte pour publication, en dépit de ses qualités certaines, qui nous font espérer qu'il trouvera sa place chez d'autres édideurs.

Nous vous prions de croire, Monsieur, en l'expression de nos salutations les plus sincères.

Thursday, November 6, 1997

Les éditions Tristram à propos de "Gang-Bang"

Editions Tristram 
39 Boulevard Roquelaure, 32000 Auch, France 
Téléphone: 0562051776 / Fax: 0562600551

 ...

Auch, le 6 XI 1997

Cher Abdallah Ko,

Pas de doute, Gang-Bang est le meilleur manuscrit que nous avons reçu depuis longtemps.

C'est peut-être, malgré tout, un peu mince pour envisager une publication. Avec les atouts dont vous disposez, il serait mesquin de démarrer autrement qu'en fanfare.

Des conseils? Le mieux serait de se voir un de ces jours, à Paris - ou a défaut d'en parler au téléphone.

Cordialement,
Jean-Hubert Gaillot



Tuesday, October 28, 1997

Les éditions Le Dilettante à propos de "Gang-Bang"

Le Dilettante
librairies - éditions
9-11, rue du Champ-de-l'Alouette, Paris 75013, France
tél: 0143379898 / fax: 0143370610
http://www.ledilettante.com

...

Paris, le 28 oct 1997,

Monsieur,

Nous avons lu votre manuscrit qui n'a malheureusement pas retenu notre attention. Nous le regrettons vivement et vous prions de croire à l'expression de nos sentiments les meilleurs.

Le lecteur est un peu accablé par le déferlement des fantasmes de l'auteur.

L'écriture est aussi assez approximative.

Le plus intéressant est la part la plus sincère - peut-être autobiographique? La jeunesse pendant la guerre du Liban. A creuser?

Cordialement,
Dominique Gaultier